COMMERCE. Les boutiques entre Pin et Carnot se sentent oubliées des animations de Noël
Et Jean Dionis du Séjour est apparu... Tel un boxeur se frayant un passage jusqu'au ring (ou plutôt la patinoire), flanqué de ses nouveaux adjoints Bouboule et Pigloo... Une scène boudée par les commerçants de la partie haute du boulevard où, depuis l'arrivée de la nouvelle municipalité, on a surtout le sentiment d'appartenir à l'Agen d'en bas. Et pour cause, dans la scénographie commerciale imaginée pour célébrer Noël, la portion entre Carnot et le Pin a été simplement sacrifiée.
Leurs sapins achetés
Pas de patinoires ni de sapins, guirlandes, lumières, décorations, banderoles, chalets ou encore d'animateur. Un vrai Noël de pauvre par rapport aux fastes déployés pour les enseignes de l'hyper centre, qui font ici figure de nantis même si plusieurs d'entre elles s'élèvent contre la piétonisation du boulevard. « Le déséquilibre est monumental. C'est scandaleux. Avec Dionis on n'a rien. Nous en avons ras le bol et nous allons le lui faire savoir », s'emporte l'élégant Hamid qui gère quatre boutiques dont N'zo et Tony cuir.
« On a été obligés de se collecter pour acheter des sapins » ajoute Lydie qui coordonne la fronde depuis Vit mince. « Quand une cliente m'a dit que la décoration ici était nulle à ch..., j'ai compris qu'il fallait qu'on agisse. »
Du mauvais côté du boulevard
La riposte s'est vite organisée (1). Mais plutôt chichement, témoins ces quelques épicéas fixés de guingois aux descentes des gouttières. « Il aurait fallu organiser un circuit pour inciter les passants à venir, créer des pôles avec des vendeurs de marrons, des manèges... Ils auraient pu animer tout le centre-ville, comme cela se passe ailleurs », oppose Gisèle, patronne d'Aux couleurs des rondes. « Mais, le choix de la ville est de ne rien faire pour les commerçants indépendants. Résultat, nous sommes plusieurs dans le coin à vouloir partir à la retraite mais nous ne trouvons pas d'acheteurs pour nos magasins. On nous reproche d'être du mauvais côté du boulevard. »
Ici, les plus pessimistes évoquent déjà une chute entre 30 et 40 % du chiffre d'affaires. « On nous traite comme des banlieusards, et rien de ce qu'on nous avait promis n'a été tenu, pourtant on fait aussi partie du centre-ville non ? », s'agace Fabienne, de Phildar, qui a maintenant les nerfs en pelote.
Déplacer la foire
« Le maire fait tout le contraire de ce qu'il avait dit lors de la campagne électorale. Il nous abandonne », râle la doyenne, Michelle, du haut de ses 42 ans de commerce sur cette zone où l'on milite aussi activement pour la transformation de l'artère en axe semi-piétonnier et surtout pour le déplacement de la foire mensuelle du lundi au dimanche.
(1) Avec les magasins Sandy, La botte bleue, Espace bleu marine, Phildar, Apparence, Améthyste, Aux couleurs des rondes, Pause café, Sensation, New Stock, Kustomiz'ink, Transe-pierce, Bar l'Agenais, Jeff de Bruges, Chana, Anna Carita, N'zo, Tony cuir...