«Souvent, je dis qu'un jour je serai mort. Aussi faut-il certes tout mettre en œuvre pour que l'utopie se réalise, mais il ne faut pas vivre seulement dans l'utopie ! » Donner du sens à sa vie, André Mazière s'y emploie au quotidien. Il suffit d'apprécier son agenda pour les trois prochains jours. Aujourd'hui et demain, il participera activement à la 85e Fête de l'Huma 47, à Feugarolles. Lundi matin, il partira à la cueillette aux champignons dans son Périgord natal.
Placée sous le signe des indignés et des révoltés, la fête du Parti communiste français (PFC), ce week-end, se veut « politique, active, festive… » telle la troisième participation aux élections cantonales menée par André Mazière sur Agen nord-est. Une campagne menée sous la bannière du Front de gauche. Non, l'élu agenais n'a pas jeté dans les oubliettes de l'histoire sa carte du PC, mais son engagement s'inscrit dans « ce large champ d'ouverture allant jusqu'au NPA (Nouveau parti anticapitaliste). Il convient de mettre en forme nos forces, nos idées de gauche et ne plus avancer de manière parcellaire », souligne-t-il.
« Que Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) soit notre candidat pour la présidentielle est une bonne chose. Les communistes n'ont pas simplement cautionné cette décision acceptée par le Conseil national. Il y a eu débat, car nous ne voulons pas perdre notre âme, ne pas être dilués. Le premier sondage tombé lundi qui place le Front de gauche avec 7 % d'intention de vote a réconforté et donné de l'élan. Pour ma part, j'aime bien Mélenchon car c'est aussi un tribun. Il sait communiquer. Il a le sens de la formule. »
« Offrir des idées »Entré il y a une quinzaine d'années au Conseil départemental, André Mazière reconnaît que : « Être acteur de terrain, ça me plaît. « Je crois et je me plais dans le travail d'équipe. Vous savez le pouvoir personnel… » Âgé de 66 ans, retraité, il est arrivé à l'atelier de bobinage électrique Lino en 1965 à Agen, depuis son village de Villamblard dans le Bergeracois. « Je suis issu d'une famille de gauche, mon père, ouvrier agricole dans une scierie, disait en patois : ''Vote pour le Monsieur, le notable''. Le déclic a eu lieu en 1968, quand on a monté un syndicat CGT. »
Le terrain militant politique, il l'a découvert pendant trois ans au Cafi à Sainte-Livrade-sur-Lot où il était animateur. Ensuite, il a été éducateur de rue à Montanou, en 1973, au sein de l'association la Sauvegarde. Puis, il est devenu éducateur spécialisé dans le social à Agen où il a d'ailleurs effectué le reste de sa carrière.
« Mon engagement au PCF correspond à un engagement de projets. Nous devons être à l'écoute des gens, répondre à leurs attentes mais aussi offrir des idées afin d'aller vers un idéal. Mais pas quelque chose de figé. L'utopie me paraît porteuse, je crois que c'est un élément important pour avancer ! »
André Mazière n'a pas peur de dire qu'avec « la chute de l'Union soviétique, la Russie a jeté le bébé avec l'eau du bain… nous avons fait un peu la même chose ! »
« Le PCF, poursuit-il, a le défaut de ses qualités. Mais il est plus ouvert que jamais. On a tellement tâtonné. On le verra ce week-end encore à Feugarolles, mais il montre une forte capacité de débat et d'échange. »