Si
à Noël, il est de coutume de mettre dissensions et conflits en sourdine
afin de laisser les confiseurs travailler, cette trêve 2009 ne devrait
pas respecter la tradition. La faute à la décision d'installer le
village de Noël et la patinoire sur le boulevard de la République. Une
décision de la mairie qui irrite passablement de nombreux commerçants
(lire notre édition de samedi). Hier, lors d'une réunion à l'Hôtel de
ville, la municipalité n'a pas lâché un pouce de terrain tout en
s'employant à rassurer les commerçants du centre-ville sur le mode du «
N'ayez pas peur ».
Le maire, Jean Dionis, a réaffirmé qu'il ne reculerait pas sur ce projet devant préfigurer le passage en voie piétonne du boulevard de la République. Jean-Pierre Delbert, le libraire a, lui, dit tout haut tout le mal qu'il pensait de la fermeture du boulevard, que ce soit à Noël ou dans un avenir plus ou moins lointain. Les arguments du maire - « maintien de toutes les places de stationnement », « itinéraires bis », « mises en place de navettes » reliant notamment le gravier au centre - ne l'ont pas convaincu. « Je persiste à dire que l'on prend un risque énorme en faisant ce genre d'expérience à une période aussi sensible. La fermeture du boulevard va aboutir à une thrombose permanente du centre-ville (quid des livraisons ?), à un énorme foutoir, et contribuer à favoriser l'évasion commerciale notamment sur Internet ».
Désert contre rupture.
Les opposants au projet, fort d'une pétition faisant mention de 700 signatures, ont donc demandé au maire d'organiser un vote parmi les commerçants. Jean Dionis a refusé, provoquant le départ des tenants du non. Ce qui laisse Jean-Pierre Delbert un brin amer : « On a perdu notre temps. De réunion de concertation, il s'agissait en fait d'une réunion d'information sur un projet qui était arrêté et sur lequel nous n'avons pas notre mot à dire. La piétonnisation, moi, je ne suis pas contre. Je suis même pour une zone 15 mais piétonniser le boulevard, c'est le désertifier à long terme. »
Juger sur pièce
Christophe Fossaert, président de l'union des commerçants, plus circonspect, attend de juger l'expérience de Noël sur pièce mais « reste optimiste ». Jean Dionis est, lui, bien évidemment convaincu : « C'est une rupture que l'on propose. L'opinion ne demande que ça. Les commerçants qui y sont opposés, sont de plus en plus marginalisés. Quant à la concertation autour de ce projet, elle aura bien lieu durant huit mois avant l'attaque des travaux en décembre 2010 ». Mai sur ce terrain-là, la mairie avance déjà ces pions. La SNCF a ainsi décidé de céder son emprise de la Sernam à la CAA.
Un parking d'au moins 500 places pourrait ainsi voir le jour. Suffisant pour faire passer la pilule aux commerçants mécontents ?