« Que l'on ne me dise pas que je ne connais pas Agen. J'y habite depuis vingt-trois ans et enfant, depuis Rouen, je venais passer mes vacances à Saint-Jean-de-Thurac, chez mes grands-parents. J'ai adopté la culture du sud et elle est plus ancienne que pour beaucoup de monde !
Agen est un peu morose, c'est aussi lié au contexte national et international. Agen n'est pas une ville très riche et elle concentre la plus grande précarité du département. La ville bouge et des inquiétudes apparaissent au sein de la population. Cet effet est conjoncturel. Les gens vont s'habituer aux nouvelles donnes, même si j'estime que des erreurs ont été commises.
Place du Pin, je reconnais que c'est agréable de se promener sous les platanes en faisant son marché. Mais qu'en sera-t-il quand les travaux débuteront ? Comme me l'a dit un vieux commerçant installé près de la mairie : " Je vois se réduire comme peau de chagrin cette place où la CAF va s'agrandir, le cinéma se construire. La ville compte déjà peu d'espace de respiration. " Inquiétudes aussi de la population au moment des travaux quant à la capacité de financement. Les collectivités s'appauvrissent, les aides de l'État sont de plus en plus rares. Le TGV en est un exemple flagrant. Oui la ville évolue, mais elle doit conserver trois socles importants constitués par le pôle santé, les militaires où la rien n'est jamais définitif, et le pôle judiciaire. Il faut faire attention à ce que la fermeture de la maison d'arrêt ne soit pas le point de départ de destruction du pôle judiciaire, lequel pourrait profiter de l'espace laissé par la prison pour s'agrandir.
Agen, c'est aussi le rugby. C'est un moment de respiration important à ne surtout pas négliger. Certes, le professionnalisme a modifié beaucoup de repères.
« Le bon sens paysan »
Quand j'étais maire, j'ai beaucoup réfléchi à l'évolution de la ville. J'entends ceux qui me disent pourquoi je n'ai pas impulsé plus de changements. Mais quand on est arrivé à la mairie, il n'y avait plus un sou. Il a fallu assainir la situation, tout rembourser. Et le bon sens paysan me dit que je ne fais pas les choses à crédit. Et il n'était pas question de tout révolutionner à moins d'un an des échéances municipales.
Quand Jean Dionis du Séjour m'a succédé, il a fait avec l'argent que l'on a mis de côté. Reste qu'aujourd'hui je ne m'y retrouve pas. J'ai du mal à m'adapter à la vision de l'équipe Dionis. Notre vision était plus globale, plus cohérente, plus phasée, plus aérée. L'aspect patrimonial était mieux respecté et surtout il y avait une volonté d'extension de l'ensemble du périmètre de la ville.
« Erreurs, retours en arrière »
Quand on sait que l'on va changer les habitudes, c'est important de concerter. Il faut savoir écouter les gens. Cela évite beaucoup d'erreurs et des retours en arrière comme c'est le cas avec le retour en double sens du boulevard Carnot et une partie du boulevard de la République.
Dès lors, c'est important d'être attentif à ce qu'expriment ses concitoyens, en l'occurrence pour le centre-ville les commerçants ; d'autant plus qu'ils sont dynamiques, imaginatifs et entreprenants et ce compte tenu du développement commercial en périphérie toute proche. Une municipalité doit tenir compte de leurs avis. »